Tombouctou: Desmund Tutu, Ismaël Diadié Haidara vu par Sane alpha Chirfi

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Dans la vie, il ya de ces choses qui suscitent interrogations.

Tombouctou, ville millénaire et historique peine à trouver son chemin qui était pourtant tracé, d’où les questionnement de Sane Alpha Chirfi notable de la ville des 333 saints. Lisons le

Une histoire de Desmond Tutu et de Ismaël diadié Haïdara.

Le rappel à Dieu du révérend Desmond Tutu dont je salue la mémoire me donne l’occasion d’évoquer un fait important.

Notre pays a été éprouvé depuis 2012 et tous nos repères ont été bouleversés, des familles se sont déplacées, certains sont partis dans les entrailles de l’exil et ce n’est souvent pas de gaieté de cœur.

 

Mon petit frère d’enfance, Ismaël diadié Haïdara puisque c’est de lui que je veux parler, a suivi les traces de son illustrissime devancier Ahmed Baba es Sudani. Dans ses pérégrinations, il porte la voix de Tombouctou, pose des actes, œuvre pour la paix, écrit beaucoup, mène un combat acharné avec des lettres ouvertes, des pamphlets et souvent il met les deux pieds dans le plat. Il n’a de sympathie pour aucun mouvement armé, adore la paix et use de tous les moyens pour y parvenir. Il a rencontré le révérend, une véritable icône, un géant, ils ont parlé de paix et Desmond Tutu enthousiasmé s’est engagé à soutenir et financer un vaste programme de prières pour la paix dans les mosquées et églises et tous autres lieux de prières.

 

Ce programme sera lancé à Tombouctou, une ville de forte symbolique, une ville de paix et de tolérance où à côté des trois anciennes mosquées djingareïber, sidi yahia et sankoré, il y avait l’église notre Dame de Tombouctou et la synagogue du Rabbin Mardochée.

 

Un merveilleux programme bien ficelé qu’Ismaël a porté religieusement et avec grande ferveur et soumis aux imams de Tombouctou autour de son Éminence Abderrahmane Ben Essayouti, imam de la mosquée djingareïber et président du haut conseil islamique régional de Tombouctou. L’idée a été accueillie favorablement (du moins il le pensait).

À Bamako, Ismaël diadié Haïdara rencontrera le président national du haut conseil islamique, à l’époque, l’imam Mahmoud Dicko.

Fructueux échanges, bonne réceptivité mais le projet ne verra jamais le jour, allez savoir pourquoi.

 

Je peux me tromper mais cela me rappelle étrangement l’histoire d’une mosquée université devant être implantée à Tombouctou et qui figurerait dans le testament de Mohamed V et aussi le forum des leaders spirituels de l’ouest africain qui s’est tenu à Tombouctou en 2010 (excusez – moi il y a eu bien des tentatives pour que cela se tienne ailleurs).

 

C’est à la suite de cette rencontre que le haut conseil islamique régional de Tombouctou a reçu l’appui de l’Ambassadeur britannique pour la construction de son siège, oui ! Le haut conseil islamique régional de Tombouctou dispose d’un siège.

Pourquoi sommes – nous dans cette logique de rater les grands rendez – vous historiques et autres ? Peut – être que le vieux professeur Almoudou Touré nous édifiera à ce sujet.