Interview de Boureima Allaye TOURE ”… il s’agit du Mali…”

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INTERVIEW DE BOUREIMA ALLAYE TOURE

Mali medias : Bonjour Président, pouvez vous vous présenter a nos lecteurs ?

Monsieur Touré : Je suis Boureima Allaye TOURE je suis le Président du Conseil National de la Société civile du Mali.

Mali médias : Monsieur TOURE vous avez été de tous les combats depuis 2012, on vous a vu sur tous les espaces, sur tous les plateaux, et bon nombre de citoyen sait le combat que vous avez mené, aujourd’hui l’Accord d’Alger est signé, quelle est la vision du Conseil National de la société civile ?

Monsieur Touré : Je peux dire Dieu merci que les accords ont été signés, ils n’ont pas fini d’être signé, comme nous le savons tous. Donc la vision que nous le Conseil nous avons de ça c’est faire en sorte que tous les fils du Mali se retrouvent, c’est pas une chose aisée ni facile comme ca, mais absolument il faut accepter des compromis, sans compromettre le pays bien sur, sans compromettre évidemment l’intégrité territoriale, sans compromettre l’unité nationale et de notre pays, la laïcité et la forme républicaine. Je pense que chacun ou qu’il soit, qu’on soit société civile, qu’on soit Etat, militaire, ou Privé, secteur privé, tout le monde doit travailler dans le sens a ce que les esprits se retrouvent. Tout le monde doit travailler à faire des propositions qui peuvent améliorer la mise en œuvre de ces accords et le Mali Dieu merci regorge énormément de ces potentialités. S’il s’agit du Mali, il ne s’agit d’une adversité quelconque parce que quelque part on fait un faux combat. Quand il s’agit du Mali de son unité et de son intégrité, il ya ni opposition, ni majorité, ni secteur privé, c’est le Malien tout court qui est appelé et ça je pense que le rappelé à chacun est une très bonne chose parce que chacun se dise qu’il a sa pierre qu’il a sa pierre à apporter et il n’y a aucune pierre qui est infirme et minime par rapport à une autre pierre parce que c’est un édifice du Mali.

Mali Médias : Alors président nous avons remarqué que le 26 Mai une frange de la société civile Malienne a marché et bénéficie-t-elle de cette frange de la bénédiction du conseil national ?

Monsieur Touré : Bon je comme je l’ai dit nous n’ai été impliqué ni près ni loin dans cette marche. Nous avons compris que cette une marche gouvernementale teinter de religion. Nous respectons les expressions et toutes les formes d’expressions, mais disons que nous ne sommes ni de loin ni de près mêlé a cette marche.

Mali Médias : Alors président nous avons depuis deux jours constaté qu’il y a une relance des négociations au niveau d’Alger. La société civile est- elle impliquée ?

Monsieur Touré : Non à ma connaissance non je pense que les tractations à Alger c’est justement amener les uns et les autres sur la table pour finaliser les accords et commencer la mise en œuvre parce qu’il y a le comité de suivi qui doit être mise en place. Je pense qu’Alger a la responsabilité de continuer encore son travail de médiateur principal et c’est dans ce sens que moi je comprends. Mais il n’est pas dit cependant que les améliorations ne peuvent pas être apportées pour rendre applicable l’accord et ça tout le monde doit travailler la dessus nous tous s’entendre sur la pertinence de cette amélioration pour que vraiment nous puissions avancer.

Mali Média : Président toutes ces personnes, tous ces mouvements qui sont en train de s’activer est –ce que ce n’est pas pour figurer au sein de la commission de mise en œuvre de cet accord ?

Monsieur Touré: Moi je pense que la commission est très claire dans le document de l’accord qui et qui doit faire partir et qui et qui ne doit pas faire partir et je pense que même ne faisant pas partir on peut apporter sa pierre et je me souviens bien à ma dernière rencontre au niveau de la primature que j’ai présidé J’ai appelé le Premier Ministre à mettre en place très rapidement un cadre de suivi , ce cadre de suivi devrait normalement travailler sur les aspects des accords pour fournir de la matière à ceux qui nous représentent au comité prévu par les accords et je pense c’est quelque chose qu’il faut rapidement faire et à ce niveau-là on peut également travailler. Il ne s’agit pas d’être obligatoirement dans le comité de suivi, aider son pays apporter sa pierre à son pays, on peut le faire sur plusieurs formes.

Mali Médias : alors parlant de l’implication des femmes au niveau de la société civil, est ce que vous tenez compte du genre dans les postes électifs et est ce que dans tout ça vous tenez compte du genre.

Monsieur Touré : à notre avis oui au conseil national de la société civile bien sûr à mettre en place des bureaux vraiment on tient compte du genre. Nous avons beaucoup de femmes qui sont responsables sur les 47 membres du bureau nous avons pratiquement une vingtaine qui sont des femmes et nous invitons le Gouvernement et toutes les autres entités à faire plus parce que ce qui se passe actuellement n’est pas du tout à nos yeux justifiables. Trois (3) femmes par rapport à tout un Gouvernement 14 femmes sur toute une Assemblée je trouve que ça ne reflète pas la population du Mali et nous devons faire des efforts et les efforts doivent être effectués rapidement et immédiatement parce que ces ressources féminines c’est des ressources importantes pour le pays. En termes de ressources humaines en termes d’importance économique en termes d’importance sociale, d’importance culturelle ce ne sont des personnes à laisser pour contre. Il faut absolument qu’on soit avec la frange féminine

Mali Médias : alors président pour revenir en arrière quels sont vos rapports avec la Plateforme de la société civile ?

Monsieur Touré : on n’a pas de rapport avec la Plateforme de la société civile, vous savez la société civile est devenu aujourd’hui comme on dit le mot magique chacun peut se constitué, se dire ça, je suis cette plateforme je suis ça donc il faut accepter. Mais je dis l’essence de la société civile, il faut que tout le monde comprenne qu’est-ce que c’est que la société civile. On n’est pas là pour être des opposants, on n’est pas là pour être des partisans. Nous sommes là pour une neutralité avérée parce que nous sommes des consommateurs des produits et des services que l’Etat doit offrir à ses citoyens et c’est pour cela nous donnons des possibilités à l’Etat en payant nos impôts donc si on n’a pas une bonne santé il faut qu’on dise qu’on a pas une bonne santé et qu’on dise à l’Etat comment s’y prendre et même l’aider à y parvenir mais on n’est pas une société civile pour constater tout, accepter tout et sortir quand on veut, s’exprimer quand on veut c’est bien. Dieu merci aujourd’hui on a la liberté d’expression mais on appele la société civile à la construction, à la réelle construction.

Mali Medias : Président vous avez parlé des citoyens est ce que les citoyens comprennent l’essence de l’existence de votre conseil.

Monsieur TOURE : Non ce n’est pas compris de tout le monde ça va venir petit à petit .Vous savez avant encore 10 ans ¨société civile ¨ne voulait rien dire pour le public .Mais maintenant on commence à comprendre qu’est ce que c’est ? Peut être pas totalement et chacun veut s’engouffrer et s’il ya une occasion de grimper ailleurs ça devient un tremplin .Donc on voit tout ça mais il nous revient vraiment d’informer le public de qu’est ce que la société civile, qu’est ce que nous devons faire .Qu’est ce que la société civile fait, qu’est ce qu’elle ne fait pas. Quelle est sa déontologie .la religion c’est la religion, l’Etat c’est l’Etat, la société civile, elle aussi est là. Il ya des différences.

Mali Médias : Alors planifiez-vous des activités de communication ?                                               Monsieur TOURE : On ne fini pas, on ne fini pas à travers nos activités vraiment de faire passer ces informations là, moi je peux vous dire qu’on a fait un grand chemin parce que imaginez-vous au niveau de tout les sphères de l’Etat, au niveau de tout les départements techniques ministériel, il n’y a pas de rencontre dans la société civile. On essaie quand même de nous inviter même si on ne prend pas en compte tous nos points de vue que nous émettons. Mais ça va venir petit à petit. On est dans un apprentissage .La démocratie, je pense que ceci il faut l’accepter. Deuxièmement, il faut se dire que les capacités y sont et au niveau de l’Etat et au niveau des autres secteurs comme le secteur privé au niveau de la société civile, doivent être renforcées pour renforcer la démocratie, pour renforcer la gouvernance.

Mali Médias : Président 176 partis politiques pour une population de 15 millions d’habitants et tous ces partis politiques cohabitent à Bamako, la capitale, est ce que c’est favorable pour une très bonne démocratie.

Monsieur TOURE  :Vous savez on ne peut pas vouloir une chose et son contraire .On a opté pour le libéralisme total si on a dit que librement qu’on Peut constitue un parti tant qu’on ne met pas de franc là-dedans, chacun va essayer de constituer son parti .maintenant comment il va faire vivre ce parti .Est ce que c’est des idées haut nourrit .Est ce que c’est vraiment une façon de rechercher une place ou rechercher sa pitance ça ‘est autre .mais je sais que ce n’est pas profitable pour le pays dans la mesure ou nos élections étaient parties de 3 milliards ,aujourd’hui on est au-delà de 17milliards .Si on doit vraiment reproduire les cartes de tout ces candidats etc… Ça ne fait que gonfler le budget et nous savons aussi même les fonds qu’on donne aux partis pour qu’ils puissent exister. Dieu seul sait si ces partis font leurs travail d’éducation civique des populations .Ils ne sont même pas capable de faire sortir les électeurs et nous sommes entrain d’assister a quoi ? Vraiment a un incivisme qui ne dit pas son nom et si la civile ne vient pas en rescousse c’est qu’il n’y aura pas d’élection crédible.

Mali Médias : Président est-ce que le conseil national de la société civile a une quelconque relation avec le ministre chargé de la construction citoyenne afin de mener les citoyens vers une citoyenneté normale.

Monsieur Touré : Nous avons des relations avec le ministère de l’administration territoriale, la construction citoyenne je pense que ils sont beaucoup tourner vers le conseil national de la jeunesse parce qu’il faut reconstruire les citoyens qui viennent. Je le comprends comme ça. Mais on n’a pas de relation formelle avec le conseil national.

Mali Médias : Alors quel est l’appel aujourd’hui que vous vous lancez aux citoyens pour qu’ils soient vraiment des citoyens modèles ?

Monsieur Touré : Non les citoyens sont des citoyens modèles. Ça je vous le dit. C’est comment les organiser qui pose problème, c’est le leadership qui n’est pas modele et nous avons vraiment à construire notre leadership et à tous les niveaux, à tous les niveaux je dis bien. Aujourd’hui prenez aux niveaux communes le leadership société civile, le leadership politique est à reconstruire. Au niveau cercle c’est à reconstruire, au niveau régions c’est à reconstruire même au niveau national c’est à reconstruire. Donc nous devons vraiment nous accepter cette reconstruire, sinon que Dieu nous en garde.

Mali Medias : Boureima Allaye TOURE, MERCI.

Hamidou El Hadji TOURE (HET)