Selon l’Ambassadeur Cheaka Aboudou TOURE ”Il ne s’agissait pas de signer un accord autre que celui signe a Bamako le 15 Mai 2015”

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La médiation s’est une fois de plus rencontrée a Alger avec les différents protagonistes de la crise, après la signature  de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali signé le 15 Mai 2015. De quoi était il question? Des éléments de réponse avec son Excellence, l’Ambassadeur Cheaka Aboudou TOURE Représentant Spécial du Président de la Commission de la CEDEAO au Mali.

CHEAKA

Excellence Monsieur Cheaka Aboudou TOURE, bonjour

MaliMedias : Monsieur l’Ambassadeur vous n’êtes pas à présenter au commun des maliens, mais est ce que les maliens savent les missions de votre représentation ?

Monsieur Touré : Je suppose que ça fait environ 3 ans que nous travaillons ensemble avec le Mali. Je veux dire tout simplement que dans le cadre du protocole de la convention du règlement de conflits. Lorsqu’il y a une crise extrêmement importante dans un pays, qui met en mal l’ordre institutionnel et la stabilité de l’Etat, la CEDEAO nomme un haut représentant spécial qui représente le Président de la commission pour aider les autorités nationales à gérer la crise. C’est dans ce cadre qu’ avec la crise du 22 mars que la CEDEAO m’a nommé pour être ici au côté des maliens et des autorités maliennes pour essayer de trouver des voies et moyens de gérer cette crise.

Et comme vous le savez nous avons dans un premier temps, consacrer beaucoup d’efforts au retour à l’ordre constitutionnel en faisant en sorte d’abord que le coup d’Etat perpétré puisse s’arrêter, ensuite nous sommes rentré dans un processus de préparation qui nous a amené aux accords de Ouaga ; lesquels nous ont permis d’organiser les élections libres et transparentes, pour donc la mise en place des institutions légitimes. Une fois que nous avons dépassé ce niveau, nous nous sommes attaqués à la question de la résolution globale de la crise, qui était que cette crise ait échue du fait qu’un certain nombre de groupe qui sont en mal avec la vie républicaine sont entrés dans un contentieux avec le pouvoir central que nous appelons la rebellions etc… et il était question après que les institutions légitimes soient en place et que le gouvernement puisse rentrer dans un processus de négociation approfondie afin de régler globalement les sources de la crise, c’est ce qui nous a conduit à ce qu’on appelle le processus d’Alger à la demande du gouvernement malien. Et à ce jour nous pouvons dire que ce processus est allé dans le sens qui a été souhaité. Faire en sorte que le gouvernement et les groupes rebelles mettent en place une plateforme de résolution du problème. Ce qui se traduit concrètement par l’accord d’Alger du 1er mars qui a été signé le 15 mai ici à Bamako.

MaliMedias : Après la signature du 15 mai 2015 à Bamako la médiation s’est une fois de plus retrouvée à Alger pour signer un second accord d’où un accord dit Accord do 2 juin, Monsieur Touré est-ce que vous pouvez nous en dire quelque chose ?

Monsieur Touré : En ce sens qu’il n’existe aucun document qui s’appelle accord du 2 juin.

En nous retrouvant à Alger. Il ne s’agissait pas de signer un accord autre que l’Accord signée a Bamako le 15 Mai 2015. Il n’y a qu’un seul accord c’est l’accord du 1er mars qui a été signé le 15 mai. Ce qui s’est passé à Alger vous vous souvenez bien, le 1er mars il n’y avait qu’une partie des protagonistes maliens qui avait signé en particulier le gouvernement et la plateforme. Et pour ce qui concerne la coordination, elle n’avait pas signé. Donc la communauté internationale a estimé que si l’on veut régler la question de manière durable, il faudrait que toutes les parties concernées soient impliquées. Donc des efforts ont été entrepris pour essayer de voir si on peut ramener ceux qui n’ont pas signé à signer.

Dans un premier temps, le 15 Avril il avait eu une réunion à Alger à la demande de ces groupes. Cette réunion n’a pas pu aboutir, c’est-à-dire que les groupes rebelles et la médiation n’ont pas pu s’entendre pour qu’ils viennent signer. Après la signature du 15 mai des efforts se sont poursuivis et donc la dernière à Alger, nous nous sommes retrouvés avec ces mêmes protagonistes et toute la médiation réunie pour des consultations sur les raisons pour lesquelles certains ne voudraient pas signer l’accord. Il faut rappeler qu’ils ont déjà paraphé l’accord. Quand on paraphe un accord qu’est-ce-que ça signifie ? Le paraphe a deux conséquences. La première conséquence c’est que vous paraphez en disant tout ce qui se trouve dans le document vous êtes totalement d’accord. La deuxième conséquence vous disiez que « nous sommes tellement d’accord que nous ne voudrions pas que ça change ». C’est pourquoi on paraphe cette page qu’on ne puisse pas remplacer par autre chose. Donc le paraphe veut dire qu’il y a une adhésion totale de ces groupes à l’accord. Alors la raison de ne pas signer se situe où ? C’était un peu l’exercice qui a été mené à Alger. Nous nous sommes rendus compte que la coordination demandait plutôt un certain nombre de garanties pour être sûr que ce qui a été convenu dans le document sera mis en œuvre et ils sont revenus sur certaines questions qui leur tenaient à cœur. Si je reprends sur la question de l’azawad leur préoccupation c’était de savoir est-ce que la médiation fera en sorte que ce sujet ne soit pas bâclé. On n’a pas fait l’objet d’attention au point que l’on puisse aboutir à un consensus sur la question de l’azawad. Voilà le type de garantie qu’ils nous ont demandé et si vous lisez les documents qui sont intitulés ‘’Relevés des conclusions de consultation’’ vous constaterez que nous renvoyons tout simplement cette question exactement comme l’article 5 le dit à un débat entre malien, parce que il y a que les maliens qui puissent en débattre et trouver le consensus qui convient.

La communauté internationale n’a ni légitimité, ni aucun mandat de venir dans un pays et de décider que cette partie doit payer sa perte etc. Donc il n’y a que les maliens qui doivent régler leur problème, ils ont posé la question en disant que maintenant il y a eu trop de marginalisation des gens du nord dans le fonctionnement des institutions. Comme il est prévu dans l’accord qu’on veillerait à une politique de discrimination positive pour permettre aux gens du nord d’être représenter et, en tant que groupe armé, lorsqu’on va procéder à une intégration que ça soit dans la fonction publique ou dans l’armée, est-ce qu’on tiendra compte effectivement de cela , si vous lisez le document vous verrez que le document les renvoie également aux dispositions qui sont déjà dans l’accord , la seule chose c’est que la médiation s’engage à ce qu’effectivement une politique de discrimination positive soit observé pour leur permettre d’avoir le sentiment d’avoir été suffisamment, significativement représenté dans les différentes institutions. Donc c’est ce genre de garantie qui sort de la promesse dont vous constaterez qu’il n’y a rien qui soit dans le document et qui soit complément en dehors de l’accord en contradiction avec l’accord donc il ne s’agit pas d’un simple accord.

MaliMedias : Alors reconnaissons-le un document a été signé, pourquoi nous aurons pris que la CEDEAO et les Etats Unis ont refusé de signer est ce vrai?

Monsieur Touré : Non , les états unis n’ont pas signé simplement parce qu’ils ont été comme la France témoins de l’accord du 1er Mars et donc associés à la médiation en tant que témoin mais les exigences constitutionnelles des Etats Unis ne leurs permettaient pas de signe un document lorsqu’ils ne sont pas partie prenante en tant que telle. C’est la raison pour laquelle les états unis n’ont pas signé, ils sont tout à fait d’accord de jouer le rôle de témoin, mais ils ne peuvent pas signer parce qu’ils ne sont pas membre de la médiation , ils ne sont pas impliqué, il ne sont que des témoins. Mais la France a signé parce qu’il n’y a pas de problème de ce côté. Le cas de la CDEAO tout simplement c’est parce que le représentant de la CEDEAO qui était moi-même, je devrais partir avant la signature des documents, ce qui fait qu’au moment où ils devraient signés j’avais déjà pris mon vol mais ce n’est pas un refus de signer les documents. La CEDEO est partie prenante intégrante de cette médiation et y demeure.

MaliMedias : Mr l’ambassadeur quel rôle entendez-vous jouer pour la mise à l’œuvre de l’accord du 15 Mai ?

Mr Toure : je pense que nous allons joué le rôle que nous avons toujours joué, la CEDEAO va être membre du comité de suivi, et ce comité aura pour rôle essentiel de s’assurer que l’accord soit mis en œuvre et que toutes les activités qui auront été programmées puissent être mis en œuvre. Mais comme vous le savez c’est le gouvernement qui est le premier responsable de la mise en œuvre du document ; donc nous serons comme nous l’avions toujours fait en appui au gouvernement dans le cadre du comité de suivi pour nous assurer que cet accord ne reste pas comme on l’a fait pour les accords déjà signés.

MaliMedias : l’Année 2015 a été décrétée année de l’intégration, que prévoit la cedeao en terme d’activités au Mali ?

Monsieur TOURE : le 2015 disons c’est le quarantième anniversaire de la CEDEAO, c’est vrai qu’il est prévu au niveau des Etats qu’un ensemble d’activités soient menées à la discrétion des Etats. Mais globalement je crois que la CEDEAO va réaliser un document qui porterait un peu sur les avancées de l’intégration, elle va réaliser aussi un film qui va retracer les grands moments de l’évolution de l’organisation, mais il est laissé le soin aux différents Etats de définir des modalités d’activités à un moment ou à un autre et en ce sens ils ont dit que toute l’année 2015 est réservée au quarantième anniversaire. Vous savez normalement c’est le 28 mai de chaque année qui est la journée anniversaire. Cette fois ci ces manifestations pourront se faire à n’importe quel moment, l’essentiel c’est que ça soit jusqu’au 31 décembre 2015. Voilà ce qui est prévu à notre niveau. Nous sommes en partenariat avec un certain nombre de groupes pour réfléchir sur ce que nous allons pouvoir faire mais d’abord nous allons laisser passer le mois du carême et après nous verrons si nous allons décréter une semaine de l’intégration pour essayer d’expliquer un peu les avancées de la CEDEAO pendant les quarante ans d’existence.

Mali médias : Excellence Monsieur l’Ambassadeur Cheaka A boudou TOURE, Merci

TOURE Hamidou ElHadji