Retrait des combattants de la plateforme d’Anefis : La Minusma a été informée par la CMA avant les combats

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Par Le Reporter

Une délégation de la plateforme, devant se rendre à Anefis pour convaincre les combattants de la volonté du chef de l’Etat malien, qui souhaite qu’ils se retirent d’Anefis, a été surprise par les commentaires des combattants. Selon lesquels, les éléments de la Cma, en quittant Kidal, avaient promis ceci au commandement de la Minusma : «Nous allons ramener ces gens-là à l’ordre, ils ne savent pas se battre. Mais cette fois-ci, ils vont regretter amèrement. Nous allons les corriger une bonne fois pour toute». Et d’ajouter : «la Minusma à travers ses caques bleus leur a souhaité bonne chance. Nous avons les vidéos et les enregistrements avec les combattants et autres prisonniers».

Voilà ce que certains combattants ont révélé à la délégation. Celle-ci a été informée en outre de la présence à Anefis des casques bleus lors des affrontements, alors que le général Oumar Bikimo de la Minusma assurait qu’ils n’avaient déplacé des forces sur les lieux qu’après les événements, dans le cadre de leur mission d’observation. C’est tout le contraire que soutiennent les combattants pour lesquels la Minusma n’attendait que la victoire de la Cma sur eux, pour pouvoir gérer ensemble la ville d’Anefis.

En plus, les casques bleus sont les premiers à violer leur première mission qui consiste à protéger les populations civiles. En effet, ils doivent déployer tous les moyens, même aériens, qui leur permettent  d’observer. Même s’ils assurent le contraire à travers le général Bikimo : «On les a déployés. Que ce soit des hélicoptères, des avions, des drones, on les a déployés sur le terrain. Non seulement à Anefis où on a pris des dispositions sécuritaires, mais il y a aussi Kidal où on trouve qu’il y a une menace. Et sur ce, vous le savez tous qu’il y a une population qui vit à Kidal. Donc on a jugé utile de mettre 20 kilomètres de rayon sécuritaire tout autour de la ville de Kidal. Ce sont des mesures certes provisoires mais qui sont jusqu’aujourd’hui en vigueur, jusqu’à ce qu’on ait une issue pour l’enlever.» Soit.

Par contre, personne n’a vu une zone de sécurité autour de Tessit, Goundam, Léré, Bintagoungou ou ailleurs. Ils ne le reconnaissent pas ces menteurs de la Minusma, qui disaient au cours de leur conférence de presse, le jeudi dernier, «certes avant cela, non seulement Kidal et Anefis, mais il y a eu des tensions un peu partout tels que Ménaka, même avant Ménaka, Tessit, Intillit, la force a été toujours déployée. Et parfois, les mêmes mesures ont été mises en place particulièrement à Ménaka, où on a conçu un rayon sécuritaire de 20 km tout autour de la ville et qui tient jusqu’à nos jours».

La visite de la plateforme aura permis de comprendre et de constater que la réalité est autre. Arnauld Akodjenou, l’homme qui va à la retraite en pleine année, est aussi pire que les casques bleus. Il a fait croire aux journalistes que c’est la Plateforme qui est fautive parce qu’il y a un deal entre eux et la Cma. Et pourtant, les Maliens ne sont dupes. «Seulement nous ne sommes pas un peuple va-t-en-guerre. Sinon des gens comme Arnauld Akodjenou doivent avaler leurs mensonges. Lui qui dit qu’un groupe s’est déplacé d’un point A vers un point B, qu’il faut tirer ça au clair… parce qu’il montre qu’il soutient clairement la CMA», pense Almouzer Ag Guissa de Ménaka.

Tout comme lui, beaucoup de gens ont pris conscience de la partialité de la Minusma. D’autant que depuis la signature de l’accord, la Minusma collabore avec la Cma. C’est pourquoi, face à la montée en puissance des combattants de la Plateforme, de commun accord avec la Cma, elle a créé une zone de sécurité autour de Kidal. Avant de se lancer dans des campagnes médiatiques disant que la Cma a du renfort en provenance de l’Algérie, de la Mauritanie et du Burkina Faso, histoire de faire peur aux Maliens.

«Ils sont idiots, comment la Cma peut préparer la guerre alors que ses responsables sont tous couchés dans des hôtels à Bamako ? Comment des gens qui sont en brouille avec Iyad Ag Ghaly peuvent-ils avoir des renforts de jihadistes et autres groupes à travers le monde ? Ce ne sont que des mensonges parce qu’ils savent que les Maliens ne disposent pas de la bonne information. Sans quoi, la Cma ne peut pas lancer une offensive contre le Mali ?» s’indigne un habitant d’Anefis.

Paradoxalement, à Bamako, personne ne semble soutenir la Plateforme (classe politique, société civile, jeunes, femmes), alors qu’on est en train d’assister à la division du Mali. Personne ne lève le petit doigt. Les partis politiques d’opposition attendent d’être au pouvoir pour donner des recettes au président de la République, lequel veut seul gérer cette crise. Les partis politiques de la majorité continuent à soutenir les actions du président. Tout ce qu’IBK fait est bien : il peut trouver la solution. La société civile attend d’être financée pour sortir ses muscles avec des marches et des conférences préfinancées par la majorité et les opérateurs économiques proches du pouvoir.

Quant à eux, les religieux, depuis leur voyage en Europe, ont eu leur dose et part du gâteau. Ils n’osent plus rien parce qu’ils se sont mêlé de quelque chose qui les dépasse. Pauvre Mali, sans soutien, personne ne veut te défendre, tout le monde veut aller au Paradis, sans mourir !

Békaye Dembélé 

Source: Le Reporter