Mali: Profanation de tombes, nos morts sont parmi nous

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Nos morts ne sont pas morts…”
Le temps se serait arreté….
L’Homme  n’est autre qu’un amas de chair soutenu par une charpente osseuse doté d’un souffle.
Il suffit de perdre ce souffle invisible pour qu’on appele le vivant soit  cadavre, mort, défunt ou juste corps.
Inerte et raid, le corps dans les règles de l’art selon  la confession religieuse du défunt est transporté à sa dernière demeure qui se trouve être son tombeau, le plus souvent situé en un endroit appelé cimetière.
C’est dans les cimetières que se cotoient des corps enfouient depuis plus de plusieurs centenaires en fonction de l’âge de la localité.
Cet endroit ou se donne le dernier au revoir entre le défunt et ses meilleurs amis, sa famille et sa vie sur terre est de nos jour devenu un lieu public  oû se font toutes sortes d’affaires. Du business réligieux  au commerce conventionnel, du show business au commerce de parties humaines.
Toutes ces affaires sont condamnables mais le plus ignoble se trouve être le commerce d’organe humain.
Bien sûr, il s’agit bien de pièces détachées humaines fraiches ou anciennes.
Nous n’avons pas lors de notre investigation pu identifier des personnes formelles se livrant à cet ignominie mais tout laisse à présager que dans ces cimetières vivent et s’entretiennent de vraies spéculations  sur les organes humains surtout en période préélectorale.
Le constat que des commerces se sont installés aux alentours de ces cimetières qui n’est pas un endroit ordinaire et la présence à toutes les heures de la journée  de personnes aux  allures  douteuses aux abords de ces cimetières en sont les mobiles de soupçons.
“”Ils se confondent parfois aux cortèges funebres pour identifier le sexe, la pigmentation (les albinos sont prisés) ou même le rang social du défunt”” nous dit un interrogé sur la question.
Sachant que les parents ne visitent les cimetieres qu’une fois par semaine et plus précisément les vendredis, ces personnes sans vergognes ne sont jamais prises la main dans le sac disons dans le tombeau.
Si certains parents dénoncent la profanation des tombes,  dautres  se méfient en le mettant au compte du tabou.
Toutes les fois que les gardiens de cimetières sont interpellés, ils mettent la profanation au compte de mauvais enfouis et/ou de chiens errants qui déterrent les cadavres.
La cupidité de la race humaine, la prolifération de charlatans et autres illusionnistes, l’incrédulité de politiciens vereux sont  à la base de cet etat de fait pour bon.nombre de personnes interrogees.
Avec ce comportement nous rencontrons presque tous les jours sans le savoir et sans l’imaginer nos morts, disons des parties de.nos cadavres dans la  circulation de Bamako
Nos morts sont parmi nous….. ils sont dans le commerçant, ils sont dans le politicien, ils sont dans les affaires, ils sont dans nos services publics, ils sont dans nos mosquées, ils sont dans chacun qui réussi, ils sont dans chacun qui meurt.
Attention vigilances, morts ne sont pas en paix dans leur dernier retranchement..
Ils sont en chacun de nous.
TOURE Hamidou Elhadji