État islamique : Rabat et Madrid démantèlent un réseau de recruteurs

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Source AFP
Publié le 25/08/2015 à 16:27 | Le Point.fr

Quatorze personnes ont été interpellées au Maroc et en Espagne, soupçonnées de recruter et d’envoyer des combattants en Syrie et en Irak.
terror TRETORISM

 

Quatorze personnes ont été interpellées au Maroc et en Espagne lors d’une “opération antiterroriste conjointe” des deux pays, visant à démanteler un réseau de recrutement pour le groupe État islamique (EI, Daesh en arabe), ont annoncé les ministères de l’Intérieur des deux pays. Des agents des services de renseignement – du Commissariat général d’information de la police espagnole et de la Direction générale de la surveillance du territoire marocaine – “ont démantelé une cellule terroriste composée de 14 personnes”, a expliqué mardi le ministère espagnol de l’Intérieur.
Treize interpellations ont eu lieu au Maroc, principalement à Fès (5) et Nador (4) ainsi qu’à Casablanca, Driouech et El Houceima. Une autre a eu lieu dans la banlieue de Madrid, à San Martin de la Vega. “Les personnes arrêtées faisaient partie d’un groupe dont la principale activité était le recrutement et l’envoi de combattants vers les régions de Syrie et d’Irak contrôlées par Daesh”, autre nom de l’EI, a indiqué le ministère espagnol. Mais elles visaient également à “reproduire au Maroc et en Espagne les massacres perpétrés par les membres de Daesh, dans l’intention d’établir un climat de psychose et d’instabilité”, a-t-il ajouté.
“Tous les pays sont menacés”
Selon Madrid et Rabat, ces réseaux “recrutent un maximum de combattants nationaux et étrangers” pour “l’exécution d’opérations d’envergure dans leurs pays d’origine et dans les pays de résidence”. Ces “opérations préventives” témoignent de “l’importance du partenariat sécuritaire” entre les services marocains et espagnols, a fait valoir le ministère marocain de l’Intérieur.
En Espagne, 48 djihadistes présumés ont été arrêtés depuis le début de l’année, a précisé mardi le ministre de l’Intérieur espagnol, Jorge Fernández Diaz, lors d’un point presse. “Tous les pays sont menacés”, a-t-il insisté. “Nous avons déjà dit qu’il ne s’agit pas d’une guerre de religion mais d’une guerre de barbarie contre tous ceux qui s’opposent à leur vision absolument fanatisée de l’islam qui n’a rien à voir avec l’islam authentique”. Il a rappelé que l’Espagne était placée au niveau 4 (sur 5) d’alerte antiterroriste depuis le 26 juin, après les attentats à Sousse en Tunisie qui avaient causé la mort de 38 touristes.
L’EI a lancé en juin 2014 une offensive fulgurante au nord de Bagdad, s’emparant de larges pans du territoire irakien, comme dans la Syrie voisine où il a tiré profit de la guerre civile. Ce groupe accusé de crimes contre l’humanité a recours à de multiples exactions – rapts, viols, décapitations, nettoyage ethnique – dans les régions sous son contrôle.