Des femmes de Hamabangou manifestent contre une vendeuse de boisson alcoolisée

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Tombouctou : 

Plusieurs femmes, soutenues par les jeunes, sont descendues dans les rues, mercredi vers 16 heures, pour manifester contre une vendeuse de boisson alcoolisée dans le quartier Hamabangou. Les manifestants ont demandé au procureur de la ville de faire déguerpir ladite femme des lieux, selon des sources locales.
Le marché de Gao, au nord du Mali,  / AFP – Archives)
L’après-midi d’avant-hier mercredi a été particulièrement mouvementé dans la cité des 333 saints, particulièrement dans le quartier Hamabangou où des femmes et des jeunes, estimés à des centaines, sont sortis pour exprimer leur mécontentement vis-àvis d’une vendeuse de boisson alcoolisée. Selon des sources locales, c’est à la suite de plusieurs avertissements que les habitants de ce quartier, las du comportement des clients de ladite vendeuse d’alcool, ont décidé de passer à l’action avant-hier. En effet, à en croire certains témoins joints au téléphone, le commerce de cette vendeuse constitue un véritable trouble pour eux. Cela, bien avant qu’on entre dans la période du mois de Ramadan. «  Depuis plusieurs semaines avant le ramadan, nous nous sommes plaints des troubles qu’Adja (la vendeuse d’alcool, ndlr) et son commerce nous causent…Mais, en ce mois béni du Ramadan, trop c’est trop « , a affirmé hier une femme qui a pris part aux manifestations.
A notre question  »En quoi est ce que son commerce peut vous porter préjudices»?, notre interlocutrice répond : une fois ivres, les clients d’Adja s’adonnent à  » des comportements ignobles «  qui contribuent à la dégradation de la vie sociétale du quartier.  » Ils (les clients de la dame, ndlr) sont pour la plupart des militaires étrangers et maliens ou encore des habitants même dudit quartier…Chaque fois qu’ils deviennent ivres, ils se mettent à se quereller, à s’intéresser aux femmes et filles qu’ils croisent dans les rues « , a-t-elle déclaré.
Pire encore, «  ils laissent derrière eux les restes de leurs boissons…Chose qui attire la curiosité des enfants de très bas âge et cela nous ne pouvons pas l’accepter « , nous a confié le président du Collectif des Jeunes de Hamabangou.
«  En plus, pour s’installer dans le quartier, elle a fait croire au propriétaire de la maison qu’elle la cherchait pour une connaissance qui devait venir de Bamako…Quand le propriétaire a su qu’il n’en était rien, il a vainement demandé à la dame de quitter les lieux et refuse, depuis, de prendre l’argent du loyer avec Adja « , a-t-il détaillé.
De la maison où se trouve Adja, les manifestants se sont rendus au palais de justice de la ville où ils ont partagé leur inquiétude avec le procureur. «  Nous lui avons fait savoir que s’il ne s’en charge pas, nous (les habitants du quartier, ndlr) predrons nos responsabilités « , a dit le président du collectif qui est également journaliste d’une radio locale.
Nos tentatives de joindre la vendeuse d’alcool ont été vaines. Nous avons appris toutefois qu’elle aurait été interdite de continuer son business. Le procureur, qu’on n’a pas pu avoir non plus, aurait donné, en outre, trois mois à la dame pour se chercher une autre maison en plus de l’interdiction de pratiquer son commerce. Mais, hier vers 15 heures, la vendeuse continuait toujours à vendre semble t-il. «  Au moment où je vous parle, il y a des clients assis chez elle en train de boire « , a dit un autre interlocuteur.
Communément appelée le cité des 333 saints, Tombouctou est une ville du nord du Mali où les terroristes ont séjourné en 2012. Mais bien avant la crise, c’est une des régions du pays où les habitants restent profondément attachés aux valeurs culturelles et sociales de l’islam, marquées notamment par l’interdiction de consommation de boissons alcoolisées par le musulman.  » Cela n’a rien à voir avec le passage des  »djihadistes » ici. Vous, les médias, on vous connait « , a prévenu le même interlocuteur.
Aboubacar  DICKO