A Alger, deux heures “intenses” entre Hollande et Bouteflika

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Selon Reuters, François Hollande a encouragé à Alger lundi le “combat commun” franco-algérien contre le terrorisme, thème abordé lors d’un long entretien avec son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, que le président français a trouvé d’une “grande maîtrise intellectuelle”.

La rencontre de près de deux heures avec le dirigeant nord-africain très diminué depuis un accident vasculaire en 2013 a constitué le moment fort de cette brève visite de travail organisée plus de deux ans après un premier voyage, en décembre 2012.

“Le président Bouteflika m’a donné une impression de grande maîtrise intellectuelle. C’est rare de rencontrer un chef d’Etat qui a cette alacrité, cette capacité de jugement”, a raconté François Hollande lors d’une conférence de presse.

Les images prises au début de l’entretien montrent les deux hommes assis dans des fauteuils de chaque côté d’une table basse. On distingue près de la bouche du président algérien un amplificateur de voix.

Mali, Libye, Iran : tous les sujets brûlants ont été abordés lors de cette rencontre où François Hollande a aussi été interrogé par son hôte sur la situation en Ukraine, son récent voyage à Cuba ou encore la politique intérieure française.

“Il est rare d’avoir un échange aussi intense. Nous avons pu aborder de manière forte les sujets qui intéressent nos deux pays”, a souligné François Hollande à la résidence de France, là-même où le général de Gaulle avait séjourné de 1943 à 1944.

Sa visite est survenue alors qu’un double attentat attribué à la secte Boko Haram a fait au moins 27 morts à N’Djamena, la capitale du Tchad, et que des informations ont fait état de la mort de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, figure de l’insurrection djihadiste en Afrique du Nord et au Sahel.FRANÇOIS HOLLANDE PARLE DE LUTTE CONTRE LE TERRORISME À ALGER

“Il y a un faisceau d’informations qui nous laissent penser qu’il a bien été tué dans cette opération”, a dit François Hollande à propos de l’attaque aérienne américaine, dont la France a été informée mais à laquelle elle n’a pas participé.

Sur le plan politique, le pays bruit de rumeurs sur la succession d’Abdelaziz Bouteflika, réélu l’an dernier pour un quatrième mandat avec plus de 80% des voix malgré sa santé fragile.

Lors d’un aparté avec la presse, François Hollande a assuré qu’il n’avait pas abordé le sujet avec l’intéressé, lâchant par la même occasion une petite phrase à l’intention de ceux qui le disent déjà en campagne pour l’élection présidentielle de 2017.